Catégorie: Com’ Flop

Quand Mauboussin rencontre Garou

Aujourd’hui, on laisse la parole à Morgane, spécialiste de la communication de luxe, elle a aussi été community manager pour une grande créatrice parisienne. Elle déchiffre pour nous une campagne à côté de laquelle vous n’avez pas pu passer…

Garou-Mauboussin 

Comme tout n’est pas toujours parfait dans le monde de la communication, on va aujourd’hui parler d’une campagne qui n’a pas pu vous échapper, et que je n’ai pas vraiment aimé (oui, j’y vais avec des pincettes là…). Depuis novembre dernier, elle est dans tous les magazines, sur tous les abribus, et en 4×3 toutes les deux stations de métro : la dernière campagne de Mauboussin avec Quasimodo Garou. En effet, après Gaia Weiss ou Elsa Zylberstein, quoi de plus logique pour un des joailliers les plus réputés de la place Vendôme que de remettre l’image de sa nouvelle collection masculine entre les mains d’un des jurés de The Voice ? Ah si, il y a plus logique, si…

Depuis le lancement de cette campagne, j’essaie donc de répondre à l’unique question qui me vient en tête à chaque fois que je tombe dessus : POURQUOI ? J’adore Mauboussin, et je n’ai absolument rien contre Garou, mais pourquoi une marque aux valeurs de rareté et de luxe a-t-elle choisi un visage aussi populaire que celui de Garou ?

Ce qui cloche

Ce qui m’interpelle, c’est tout d’abord le décalage évident entre l’image de la marque et l’image de sa nouvelle égérie. D’un côté nous avons Garou, chanteur populaire découvert dans une comédie musicale, majoritairement apprécié par les RDA, et membre du jury d’une émission de TV réalité. De l’autre côté, nous avons Mauboussin, joaillier réputé pour ses bijoux de qualité aux prix élevés, ciblant une clientèle aisée voire riche. Alors oui, les fans de Garou seront ravis de cette collaboration, qui permet de redorer l’image du chanteur. Mais les fans de Garou sont-ils aussi les fans et clients de Mauboussin ? Je ne crois pas…

Ce qui me chiffonne aussi, c’est le vague respect des codes du luxe et surtout, la présence des codes de marques grand public, comme l’affichage du prix du produit mis en avant dans chacun des visuels.

Pourquoi un tel choix

Alors je vous repose la question : pourquoi un tel choix de la part de Mauboussin pour sa nouvelle collection pour hommes ?

Peut-être que Mauboussin veut se positionner comme une marque de « luxe accessible » ? En témoigne le communiqué de presse de la marque, qui justifie l’association de Garou à la marque par : « Chanteur, auteur, comédien… Garou est une figure à la personnalité multiple, à la sensualité virile, à la voix invulnérable et à l’élégance moderne (…) Garou ne triche pas et se montre tel qu’il est. Un portrait simple, beau et touchant à la fois ».

Si tel est le cas, alors il faudrait que le volume et le prix des produits suivent, et dans ce cas là nous entrons dans un nouveau débat que celui sur la nouvelle égérie de la marque…

Garou en tant qu’égérie de Mauboussin, ça vous a interpellé, vous ?

À chaque compte Twitter, son humain ?

Aujourd’hui, on se penche sur le bad buzz (ouh le vilain terme So 2012 !) dont la chanteuse belge et jury de la  Nouvelle Star, Maurane est victime.

Effectivement, ne revenons pas en détail sur l’historique de ce buzz, vous le trouverez bien assez vite sur Google actu’, mais posons les faits très rapidement. Une jeune blogueuse qui n’a pas la langue dans sa poche lorsqu’il s’agit de tweeter, comme la plupart des Twittos acharnés, tweete qu’elle en a marre de voir la publicité Weight Watchers du moment, avec Maurane en égérie.

.
.
20130119-222855
.
.
.
Et là, c’est le drame (ou pas,nous reviendrons là dessus), Maurane, ayant été mentionnée et donc interpellée d’une certaine manière, répond à la blogueuse.
.
.
20130119-222909
.
Maurane et la blogueuse entrent alors dans une guerre du tweet assez decousue et sans coherence. la blogueuse outrée par l’insulte et l’impulsivité de la chanteuse, essaye de lui expliquer que le tweet ne la visait pas personnellement mais visait la marque qu’elle représente. mais le mal est fait est Maurane s’est emportée, s’enfonçant de plus en plus dans une argumentation décousue et regrrettable. Ne nous ėtendons pas plus loin sur ce "buzz". L’essentiel n’est pas de savoir qui a raison et qui a tort. Pour mieux comprendre le déroulement de la conversation, du point de vue de la blogueuse, vous pouvez toujours vous rendre sur son blog.
.
.
La chose la plus fâcheuse, avec cette histoire, qui a déjà fait le tour de là presse, bien entendu, c’est de constater que les internautes et le public, de manière plus générale, se sont habitués aux stratégies de communication maîtrisées, de la part de toute entité publique (stars, politiques, marques…). Les dérapages sont devenus tellement rares (et sont désormais et bien souvent volontaires, inscrits dans une stratégie bien rodée…) que la spontanéité et l’humain derrière le compte Twitter, dans toute leur imperfection, ne passent pas, ou plus, longtemps inaperçus.
.
.
Certes, Maurane perd son sang froid et ne maîtrise pas la portée de son message. Mais des messages tels que celui-ci, il y en a des milliers par jour sur Twitter. Encore une fois, il n’est pas question de minimiser ou de donner de l’importance aux faits. Loin de moi l’idée de porter un jugement de valeur.
.
.
Qu’il s’agisse de la Maurane qui s’emporte et insulte ou de la Maurane qui discrédite une marque qui la paye dans le cadre d’un partenariat, là n’est pas la question. Si tant est que tout cela est une erreur de sa part, l’erreur est humaine. Et là est tout le problème, derrière le compte Twitter, il y a la femme, avec sa sensibilité, sa susceptibilité, une part de bêtise que l’on retrouvera en chacun de nous. Pas de community manager, pas de stratèges, pas d’experts en communication, pas d’attaché presse ou de spécialiste en relations publiques. Il est évident, vu l’enchaînement des échanges, que rien n’est planifié, pensé. Tout n’est qu’impulsivité, naturel et spontanéité.
.
.
Doit on donc condamner la femme derrière le compte Twitter, impliquée personnellement par ce qu’elle lit et réagissant à chaud, sans réfléchir, humainement, parce que nous sommes habitués à suivre des comptes ( certes très bien) animés par des community managers professionnels, qui ne seront pas touchés personnellement par la critique que l’on fera de leur client, qui devront parfois essuyer plusieurs process de vérifications et de validations avant de pouvoir twitter une réponse, qui connaissent les règles sur les réseaux sociaux, dont c’est le métier d’éviter les bad buzz et qui rentrent chez eux chaque soir, pour décrocher des ces enjeux et twitter anonymement tout ce qui leur passe par la tête ?
.
.
Maurane, qui a déjà présenté ses excuses à la blogueuse lors d’une interview, risque de payer cher cette erreur. Là où la chanteuse n’était que douceur et zenitude, risquent de venir se poser d’autres qualificatifs moins apaisants. En terme de réputation, on aura vu mieux. Mais voilà, Maurane, c’est aussi la femme qui ne se cachait pas derrière un community manager et qui apprend à ses dépends qu’il vaut mieux parfois, auprès d’un public trop averti (et baigné dans un monde de communication stratégique), chasser le naturel. En espérant tout de même pour elle qu’il ne reviendra pas au galop…
.
.
.
La meilleure réponse à donner à tout ça est encore de soigner la spontanéité par la spontanéité (un bien pour un bien, le mal par le mal) en ne s’entourant que d’elle même pour présenter ses excuses et expliquer ses paroles. Pour une fois, laissons les communicants là où ils sont.

La marque Weight Watchers se cherche encore…

Aujourd’hui, toute l’équipe de Tentaculte vous souhaite une bonne année !

Le temps des vacances de Noël, nous avons fait une petite pause (bien méritée ?) et nous espérons que vous ne nous en voulez pas trop de vous avoir abandonnés.

Sur ce, on se remet dans le bain et on réagit face à l’annonce de la nouvelle campagne de Weight Watchers, programme de régime bien connu.

Et pour tout vous avouer, je ne vais pas forcément être très tendre avec cette campagne. Mais avant de vous expliquer pourquoi, je vais tout de même vous laisser l’apprécier par vous même, histoire que vous puissiez vous faire votre avis avant de recevoir le mien.


weight watchers amel bent

On est d’accord, c’est pas beau, n’est-ce pas ?

Je ne sais pas qui est le créa, mais pour le coup c’est vraiment décevant. Sans trop s’attarder sur l’esthétique et les choix graphiques, parlons de la stratégie de la marque. Cette dernière a opéré un tournant important il y a un peu plus d’un an, en matière d’identité, empruntant les codes du luxe, de la beauté et en s’engageant dans un univers résolument féminin. C’est alors que commençait une belle collaboration avec la chanteuse Amel Bent, jeune femme à l’image décomplexée vis a vis de ses rondeurs et aimée des Français. Décomplexée ? Quoique. La star déclarait effectivement, lors de sa participation toute récente à Danse avec les Stars qu’elle ne s’était jamais sentie vraiment très à l’aise avec son corps jusqu’à ce que la danse lui donne confiance en elle. Manque de cohérence dans le message, bonjour !

La promesse ne vendait pas de rêve, du genre "retrouvez le tour de taille que vous n’avez jamais eu" ou "un corps de rêve pour l’été ?". Non, rien de tout ça. Il s’agissait de plaisir, de manger sainement, de prendre de bonnes habitudes… et de rester sexy ! Forcément, pas de promesse en l’air, pas de contraintes, les codes de la beauté (oui, j’ai d’abord cru à une publicité Sephora).

Cette campagne était particulièrement réussie et a permis à la marque de se replacer face à certains de ses concurrents.

apprenez-a-manger-campagne-de-weight-watchers

envie-de-bonbons-pourquoi-s-en-priver-selon

 

Donc, là, forcément, lorsqu’on découvre le visuel actuel, avec une Amel Bent qui gigote, telle une finaliste de Danse avec les Stars, montrant à quel point son nouveau corps est super sexy… On ne peut que se dire que quelque chose jure. Et puis, ce petit bloc bleu vert dégradé… c’est d’un cheap. Dommage pour Weight Watchers qui a décidé d’abandonner les codes du luxe, de la beauté et du plaisir et qui se replace à nouveau sur un model racoleur et peu engageant. Le visuel de base est pourtant joli et se suffisait à lui même, dans le cadre de la campagne d’affichage.

Une dernière chose : pourquoi gâcher un beau visuel avec un encadré tout moche contenant des informations telles qu’un numéro de téléphone ou un site internet ? Les gens connaissent très bien le nom de la marque, ou même le nom de la star sur l’affiche. A l’heure du digital, il serait tout de même plus judicieux de miser sur un très beau visuel, amenant un univers prometteur que le public aura envie de prolonger en tapant "weight watchers" ou "Amel Bent", sur Google. C’est là qu’un beau et bon travail de référencement sur le site de souscription s’avérerait des plus judicieux…

Un peu dommage, tout ça, non ?

Bavure interne et mauvais management : Le PSG en crise

Aujourd’hui on reste hilares devant un faux pas monumental made in PSG !

Avant toute chose, nous vous laissons vous régaler, tout comme les stagiaires et salariés en CDD du PSG un bon matin fraichement arrivés au travail, devant ce mail, il faut le dire, de toute beauté :

(Oui, ce mail n’est pas l’original, on s’est permis une petite reconstitution, histoire que vous ressentiez tout l’impact du message sur votre personne choquée…)

Joli non ?

Outre le souci évident de management présenté par ce mail, il est révélé ici certaines lacunes en terme de communication interne. Quelque chose nous dit que les salariés du PSG (si ce n’est les joueurs, et encore), ne sont pas des plus ravis d’aller travailler, vu l’ambiance et les petits mots doux envoyés par la direction.

Ce qu’on se dit, surtout, c’est que cette boulette interne n’aurait jamais dû sortir des bureaux de PSG. Oh, c’était sans compter sur les joies des options "copier / coller" ou "transférer" ! Un salarié plus sensible que les autres à la pression a sans doute jugé utile d’informer toute la toile à propos de ce mail envoyé dans un contexte privé, celui de l’entreprise.

Et là, ça se transforme en problème de communication globale. La marque va devoir rapidement répondre à des questions d’ordre éthique et moral  à propos de notions qui nous échappent, telles que le management, la pression et le stress au travail, le respect de ses employés et collaborateurs… et j’en passe.

Reste à savoir comment PSG va gérer cela. Il semblerait que la technique de l’autruche ne soit pas des plus conseillées et que la marque ait déjà commencé à envoyer des signaux en ce sens via un communiqué fait au Parisien, dans lequel il est question de réprimander le manager. Ce dernier a d’ailleurs plaidé sa cause en prétextant un fait d’humour des plus habituels de sa part. Cependant, à en croire les salariés et stagiaires du PSG (qui ne se sont pas fait priés pour intervenir anonymement ou pas, sur les réseaux et médias sociaux), ce mail n’est pas à prendre avec humour et n’est qu’une brève illustration de ce que leur manager a de meilleur a offrir en terme de relations humaines.

Tout ça a l’air bien cool, en terme d’ambiance. Après tout, si l’on est terre à terre et que l’on se penche sur le mail, il est reproché aux employés d’arriver très en retard. Il est normal, semble-t-il qu’ils soient réprimandés pour cela. Disons simplement qu’il y a une façon de faire passer le message. Disons aussi qu’en jouant au petit malin en tapant une crise d’autorité, ce manager s’est exposé aux foudres d’un public (qui se rangera plus facilement du côté des employés, il me semble) qui risque faire beaucoup de bruit, pour pas grand chose.

Après une mauvaise image du club PSG pour ses performances sportives (que je ne me permets pas de juger), il va falloir remédier à une mauvaise image de marque, ce qui n’est pas une mince affaire !

Green Peace salit Zara

 

 

Aujourd’hui, on se penche sur la dernière campagne de Green Peace, que l’on ne présente plus, qui a décidé de s’attaquer à la marque de prêt à porter Zara.

N’épiloguons pas sur les raisons de cette attaque , le but de ce blog n’est pas forcément de prendre parti dans une polémique sans fin (et encore moins de savoir si Green Peace a le crédit nécessaire ou non). Sachez juste qu’il est reproché à Zara de ne pas assez entretenir ses usines et de porter atteinte à la propreté de l’environnement, à la sécurité de ses clients… aux principes écologiques de base, en bref.

Et Green Peace frappe fort…

Comme vous pouvez le constater, l’organisme a mis en ligne un site internet presque identique au site officiel Zara. Identique ? A quelques détails près…

Les photos et les contenus ont été changés pour passer un message clair et choquant : La marque Zara est coupable de négligences écologiques et vous devez la boycotter ou lui demander de changer cela.

Green Peace compte sur la mobilisation et la pression des clients sur la marque, ce qui n’est pas forcément bête. Cependant, j’ai peur que les images ne soient pas assez choquantes ou évocatrices. On ne comprend pas trop où Green Peace veut en venir et ce que la marque a à se reprocher, exactement. C’est un peu dommage.

Pour vous donner un exemple de campagnes percutantes et efficaces, vous avez celles de la PETA, qui met en scène des animaux morts, dépecés, du sang. Certes, c’est gore, mais difficile, après la projection de telles images, de rester dans le dénie. Là, le message n’est pas clair et on peine à comprendre, sans explications, la raison de ce détournement.

On note cependant que l’idée de "reprise du site" (déjà exploitée lors de la dénonciation de Kit Kat) est des plus judicieuse et permet tout de suite d’identifier la cible. Il ne s’agit pas d’une parodie mais d’une appropriation sans humour. Le côté glauque qui en ressort a le "mérite" d’attribuer une image un peu "sale" à Zara.

Reste à savoir si l’image de Zara en sera salie…

Chanel a voulu casser les codes mais n’a pas cassé la baraque

Aujourd’hui, un article de Stelda (que l’on félicite pour sa nomination aux Golden Blog Awards), qui nous parle de Brad, et de Chanel…

Le film avec Brad Pitt pour Chanel n° 5 est un four, au point que la marque a sorti en catastrophe une deuxième version (tout en affirmant avec l’énergie du désespoir qu’il s’agissait d’un 2° volet, prévu depuis toujours sur le plan de com’). Prenez nous pour des pigeons!

Pourquoi ça ne fonctionne pas ?

- Le code couleur : tout est est gris, Brad, le mur, la voix… C’est triste.

- La mise en scène ne fait pas rêver : et le parfum est une boîte à rêves! On croirait que Brad est enfermé entre les 4 murs d’une cellule, au fond d’une prison irakienne. Pas franchement envoûtant…

- Utiliser un homme pour vendre un parfum féminin est une erreur de débutant, étonnante de la part d’une maison aussi fine que Chanel. Je ne connais aucune femme qui porte un parfum parce que son mec l’aime. Elle évitera peut-être ceux qu’il déteste mais ne s’oubliera jamais au point d’acheter juste celui que son chéri aime.

Un parfum est intime, personnel. Et c’est pour cela que l’égérie féminine reste liée au parfum féminin. Si on peut avoir envie d’acheter un brin de Tautou, de Kidman ou de Monroe avec une goutte de Chanel n° 5, on est peu tentée par un look de corsaire mal rasé à cheveux gras.

Hé oui, contrairement à ce que pensent les marketeux, les femmes choisissent leur parfum pour elles, pas pour leur amant. Et elles ne croient pas une seconde qu’un jus quel qu’il soit leur permette de séduire le plus riche, beau et célèbre des acteurs holywoodiens.

On a beau être des filles, on a un cerveau !

Et on est capable de beaucoup d’égoïsme : c’est-à-dire choisir un parfum qui NOUS plaît, NOUS fait rêver, NOUS donne envie de NOUS évader.

Face à l’avalanche de parodies, Chanel s’est dépêché de faire machine arrière en balançant toutes voiles dehors un film ultra conventionnel :


La deuxième version est largement plus cohérente. Sans aucune prise de risques, puisqu’elle reprend tous les poncifs des publicités de parfums : légèreté, envols de tissus et mousselines, vagues clapotantes, couleurs dorées, jeu d’ombres et de lumières, mannequin féminin canonissime, portes qui s’ouvrent…

Je pense qu’elle serait parfaite si on n’y voyait pas du tout Brad. Bien sûr, au vu de l’investissement, on comprend bien que Chanel ait souhaité le rentabiliser en le gardant sur la deuxième version.

Bref, un bon gros flop mais très rassurant puisqu’il nous montre que même Chanel peut se tromper, même Brad ne fait pas tout avaler. La consommatrice n’est pas une bécasse et il faut laisser un peu de liberté aux équipes de communication. Parce que casser les codes ne s’invente pas. Il ne suffit pas de faire le contraire de ce qui se fait habituellement…  il faut apporter de la réflexion, de l’imagination, de l’humour, une envie d’autre chose et dépasser la simple manipulation de la cible pour l’entraîner dans une adhésion à l’esprit du produit.

Je dis ça, je dis rien…

A lire : l’avis enthousiaste d’un spécialiste.

Un article pas Stelda

Bonne cause, mais mauvais message ?

Aujourd’hui, (après quelques jours de repos, certes), interrogeons-nous sur une campagne menée par l’agence HAVAS PARIS, pour la bonne cause.

Et oui, vous ne le savez peut-être pas, mais les grandes agences ne répondent pas toujours à l’appel d’un annonceur et mènent parfois campagne pour une cause qu’elles estiment juste ou louable. Beh ouais, parce que, l’annonceur, en général, il a un brief un peu trop précis, trop tatillon (en gros, il arrive avec une idée et des contraintes qui laissent rarement place à l’audace et à l’originalité). Et, on le sait, ça n’est pas avec des campagnes institutionnelles aux messages figés et aux visuels bateaux qu’on remporte les prix Stratégie et Cie…

Alors, les grosses agences, elles ont trouvé la parade. En plus d’investir gros dans une campagne à succès qui aidera à assoir leur réputation de géants de la publicité, ils font une bonne action et redorent l’image de la publicité (rarement vue comme utile d’un point de vue "humain") et, au passage, la leur. Une sorte de bénévolat malin.

L’agence TBWA, par exemple, avait bien saisi le concept avec sa campagne de prévention contre le SIDA qui, en plus d’avoir fait passé un message impactant et servi une bonne cause, lui a permis de rafler de nombreux prix en 2004.

Bon, et la campagne d’HAVAS alors… C’est pourquoi ?

Il s’agit du Hair Food Project, en protestation face à la suppression du plan européen d’aide aux plus démunis. Je vous laisse regarder la vidéo, histoire de ne pas expliquer le concept avant, et de vous couper l’appétit…

Vous l’aurez compris, le concept célèbre du Hair Guitar (faire semblant de jouer de la guitare, quoi) est ici repris. Il s’agit de placer des personnes faisant semblant de manger dans des restaurants des plus grandes villes européennes (oui, la campagne n’est pas nationale, mais bien européenne, ce qui est vraiment bien, soit dit en passant) et d’observer les réactions consternées des gens, pour enfin leur adresser un message :

"Dans un an, 18 millions d’Européens ne feront plus semblant"

Puis…

Et c’est là que je vient placer mon petit grain de sel qui fâche tout rouge. C’est QUOI ce message ?

Que celui qui n’a pas levé un sourcil en le découvrant (dans sa langue maternelle, oui, oui) me jette la première pierre ! Soyons honnêtes, ça n’est pas le message le plus clair qui soit. Et donc, forcément, niveau impact, la campagne en pâtit. Et quel dommage !

Bon, heureusement qu’il y a le dernier message (illustration ci dessus), qui lève le voile sur nos questions et qui nous renseigne sur les enjeux de la campagne. Cependant, je ne peux pas m’empêcher de me dire que cette campagne virale, pour toujours plus de viralité, aurait mérité un message claire, simple, et facile à retenir. Pour vous donner un exemple : avant que je vois cette publicité, quelqu’un a essayé de me la raconter. Impossible de me sortir le "The Air Food Project", la personne ne parlait pas anglais et impossible alors de me ressortir la phrase révélatrice de la campagne. Oops.

Pour faire parler de soit, encore faut-il avoir quelque chose à faire répéter, citer…

On relève tout de même la belle initiative et l’imagination déployée au service d’une cause qui n’apportera pas un sous à HAVAS, si ce n’est de la sympathie, et des prix (ces derniers, HAVAS les devra à la campagne virale pour son contexte et sa mise en scène plus que pour son travail de conception rédaction, j’en ai peur). Entre l’anglais pas si évident que ça (oui, on s’adresse au grand public) et la phrase qui demande un effort de réflexion (après tout, peut-être que le but est de forcer à marquer un arrêt ?).

A la fois brillant, mais décevant. De la part d’HAVAS, il faut admettre que c’est troublant. Toujours est-il que cette campagne ne manquera pas de faire parler d’elle. Mais… quels sont les mots et expressions que vous utiliserez pour en parler ? ;-)

Un naufrage marketing, signé American Apparel

Aujourd’hui, on reste perplexe devant la dernière initiative marketing de la marque American Apparel…

Certes, la marque a l’habitude de faire dans la provocation, mais là, elle n’y est pas allée avec le dos de la cuillère. Les américains qui se sont connectés sur le site depuis hier ont pu y voir un message des plus déroutant, une offre de réduction que je vous laisse apprécier (à sa juste valeur ?) :

Le message est le suivant :

"Si vous vous ennuyez, pendant l’ouragan, -20% sur toute la boutique si vous résidez dans les zones à risque !"

Donc, American Apparel n’a pas peur de marketing opportuniste et a cru bon de faire dans l’humour en surfant sur l’actualité et en profitant du passage de l’ouragan Sandy pour se faire un peu de "pub". Pas grand chose à analyser si ce n’est que ce choix est clairement destiné à faire parler de la marque (en bien ou en mal, peu importe, apparemment). Pour le coup, c’est un gros risque, qui a été pris par la marque. N’oublions pas qu’il s’agit d’une marque américaine, pays où l’on s’offusque de peu de choses, pour peu qu’un américain soit lésé.

Les réactions ne se sont d’ailleurs pas faites attendre et Twitter a été le théâtre d’un appel au boycott sans précédent pour la marque. Jusque là, l’Amérique puritaine s’en donnait à coeur joie, devant les affiches représentant des jeunes filles (trop jeunes ?), dans des pauses suggestives. Pour le coup, c’est tout New-York qui s’y met. Et devant les conséquences du passage de l’ouragan sur la région, il y a fort à parier que la blague va laisser un goût amère dans la bouche de ses habitants.

Ouragan médiatique à prévoir pour American Apparel ?

Comme un goût de soviétisme chez Suchard

Aujourd’hui, je voulais vous faire part de mon étonnement face à une campagne en particulier : celle des chocolats Suchard (vous savez, ces petites tueries sucrées qui vois installent un bourlet en une bouchée…). Il s’agit d’une campagne montée par l’agence Y&R Paris.

"Mais pourquoi tant d’étonnement ?" Me direz-vous… Est bien parce que le style de la campagne est des plus déroutants. Disons que c’est complètement soviet’ dans le graphisme et dans la symbolique (pour faire simple). Lénine, Staline, tout ça, j’imagine que ça vous parle ? (Oui, après la crise de Cuba avec Bic, on a droit à la révolution bolchevique avec Suchard. C’est notre récent passage au socialisme qui veut ça ?).

Bon, je vous montre les visuels et je vous explique mon étonnement, après…

Ma première réaction : c’est naze et hors de propos (oui, je suis sympa).

Vous saisissez le malaise ? La conotation négative qui émane du sovietisme ? Certes, certes, c’est le monde dans lequel nous vivons qui veut qu’elle le soit et beaucoup de gens en pensent tout le contraire… Mais, la communication, à travers le ressenti du public, c’est bête et méchant. C’est pas comme l’art, la publicité, ça ne doit pas être subjectif, ça doit parler au plus grand nombre (du moins, quand il s’agit d’une marque de sucrerie aussi proche de l’idée de luxe que Ferrero ou m&m’s). En l’occurrence, Suchard prend le risque de "déplaire" indirectement à une grande partie de sa cible supposée.

Bon, si elle a vécu la guerre froide et qu’elle kiffe les russes, mea culpa.

Et c’est là que ça devient intéressant… Parce qu’après m’être dit que "ils sont vraiment nazes ces créa’…" je me suis surtout dit que ça ne me parlait pas parce que je n’étais PAS dans la cible de Suchard. Parce que, on a beau trouver que c’est hyper lointain mais… la guerre froide, les socialistes (les Russes, pas les Hollandais) qui opéraient une percée en Europe de l’ouest après la chute du mur de Berlin, la prise de pouvoir socialiste par Mittérand, les frasques de la CGT… (et j’en passe) : et Beh oui, c’était dans la fin des années 80 ! Il n’y a pas si longtemps, donc. Et les 40/70 ans s’en souviennent très bien (ce qui explique les bombardements de ces publicités dans le métro ET dans le magazine programme tv preferé des plus de 60 ans… La cible est large, elle est PARTOUT).

Bref. Une période difficile qui débouche sur l’espoir, une crise bientôt passée, un président socialiste… Ne me dites pas que ça ne vous rappelle rien. À s’y méprendre, c’est un contexte actuel (du moins, dans la tête des gens, et rappelons que c’est ce qui compte en publicite).

La nostalgie, l’espoir apporté par le renouveau de la révolution et par la notion de plaisir (eh ouais, le message est clair "crise terminée, on arrête de culpabiliser"), le côté gauchiste de la campagne (qui semble tant séduire les français…) tout ceci compose un cocktail (molotov ?) détonnant.

Suchard et Y&R Paris, vous êtes partis loin dans l’induction. J’aime (même si vous n’avez pas jugé bon de nous compter, moi et mes copains les jeunes, dans votre cible).

Après, je suis curieuse de savoir si les plus de 40 ans ont été touchés par tout ça, s’ils ont ressenti du réconfort, une certaine euforie (si tant est qu’ils s’en soient rendu compte : on est dans le ressenti, on fait appel à une atmosphère passée… c’est assez fin pour amener à l’esprit des souvenirs qui n’ont rien à voir) ? A eux de nous dire si la campagne est réussie !

 

EDIT : Je vous encourage à aller lire l’article de Victoire Roset, sur le même sujet !

Une très belle mise en perspective et une analyse historico-publicitaire très intéressante !

Lana Del Rey a enfin de quoi bouder…

Aujourd’hui, soyons un peu vils, soyons mauvaises langues…

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de fail de community management ? Pour ma part, j’adore, je trouve toujours ça amusant à détecter (en priant très très fort le dieu de la pub pour que ça ne m’arrive pas…). Autant vous dire que là, j’ai plus qu’adoré.

La boîte Pias, chargée de l’image et de la com’ de la belle Lana Del Rey a dû avoir quelques sueurs froides, la semaine dernière, lorsqu’elle est tombée sur sa dernière publication Facebook :

Le Community Manager (c’est le bonhomme qui publie des trucs sur les réseaux sociaux et qui fait semblant d’adorer les échanges entre internautes parce que "purée, c’est tellement eeenrichissant") de la boîte s’est visiblement emmêlé les pinceaux dans sa gestion du multicompte (que celui à qui ça n’est jamais arrivé lui jette la première pierre…) et a malencontreusement publié un avis assez personnel quant au dernier titre de Mlle Del Rey :

"Franchement, le nouveau single de Lana Del Rey est vraiment pas mal. Je retire tout le mal que j’ai pu dire d’elle. C’est une vraie artiste, avec un vrai charisme… #nonjedéconnecestvraimenttropdelamerde"

Sans même parler du hashtag (Ô combien magnifique) qui a été choisi par l’auteur de ce post, on se rend bien compte qu’il s’agissait à la base d’un tweet et que ce dernier n’aurait jamais dû être redirigé vers ladite page Facebook. Et pourtant, ce qui devait arriver arriva (oui, c’est limite une fatalité, dans le métier). Le message n’est resté que quelques minutes en ligne mais le mal était fait, les "enfoirés du web" (comme je les appelle, et j’en fais partie) avaient frappé, tapé cmd+alt+4 (capture d’écran, eh), cliqué sur "partager une image" et BIM : bad buzz (ouh, j’aime pas ce mot) !

Aussitôt relevé, aussitôt supprimé par les équipes très réactives de Pias qui se répand en excuse, prétextant une erreur technique ("coucou, on vous prend pour des jambons et une erreur technique a publié une grosse blague sur une cliente, ouh la vilaine erreur technique !"). Bon, c’est tout à leur honneur de ne pas faire comme si de rien n’était, mais bon, le côté "désolée pour ceux qui ont été choqués…", c’est un peu exagéré. Le bon esprit aurait été de le prendre à la rigolage. J’aurais trouvé ça marrant un petit message détaché du genre "Bon, notre community manager est un boulet, on l’a viré. On avait des doutes sur ses compétences, alors merci pour vos captures d’écran ! Ahah!" (Ah non ? Bon… non).

Bah, des erreurs de community management, on en a vu des tas et on en verra d’autres. Ca prouve un tant soit peu que, derrière la page Facebook, le compte Twitter, ce sont des humains, avec des sentiments et une capacité à faire des erreurs comme tout le monde (c’est rassurant, non ?).

Bon, allez, rien que pour ce hashtag qui relève du grand art (et pour le caractère véridique du message à l’origine du fail ?), on leur pardonne et on espère que le Community Manager en question s’en remettra (Et si c’était un stagiaire en première année de BTS, et beh, c’est bien fait pour Pias. Fallait pas brader le post !).

En attendant la prochaine perle…